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Vendredi 29 août 2008 5 29 08 2008 14:24

Ce que je vous propose de lire, c'est la première lettre de mon roman épistolaire, "Après toi." L'histoire de Lily-Rose, 20 ans -et toutes ses dents, qui apprend à vivre sans Sam, parti sans laisser d'adresse.

Sam,

 

J'ignore où tu te trouves et même si tu vas bien. Je t'écris des lettres mais je n'ai aucune adresse à laquelle les envoyer. Je ne sais plus à quand remonte la dernière fois où j'ai parlé à quelqu'un, encore moins à quand remonte mon dernier sourire. Depuis que t'es parti, j'erre comme un fantôme qui hante son château, en attendant que la lumière m'emporte. Ce soir encore, je regarde la pluie noyer le sol et ruisseler contre les vitres avec le triste espoir que la douleur finira par disparaître. Je compte même les jours, à la craie sur les murs. Cent trente et un exactement. Dans ma tête, c’est plus loin encore. Ce jour-là, je me souviens qu'il pleuvait aussi, la pluie s’abattait sur le toit, elle tombait sur le sol comme les larmes que je n’arrivais pas à verser. Je voudrais que tu sois là et que tu me prennes dans tes bras, je voudrais que tu sois là et que tu me dises que j’ai compté, assez fort pour que j’y croie...

Avant de claquer la porte tu m’as demandé pourquoi je faisais ça, pourquoi je trouvais toujours le moyen de compliquer les choses... Pourquoi je prenais tout ce que tu faisais comme une preuve que ça n'aurait pas pu finir autrement... Je crois que j’avais bien trop peur que tu m’abandonnes pour te laisser une chance de me rendre heureuse. Les choses étaient compliquées, et j’ai essayé de croire à tout ce que tu disais, je te jure que j'ai essayé mais je n'ai pas réussi... C’est comme ça, j'ai eu peur de revivre la même histoire, encore une fois... J'ai eu peur de me rendre compte que tu avais joué avec moi, comme les autres, alors j'ai attendu de toi que tu me prouves que j’avais tord mais je n’ai pas su te faire confiance... C’est dingue, croire en toi c’était la seule chose qui pouvait me rendre les choses plus faciles pour moi, et je n’y suis pas arrivé. Je t’ai regardé partir et je savais que je ne pouvais pas te retenir même à me jeter sur toi, pour t'empêcher de franchir cette porte et hurler jusqu’à ce que ma gorge saigne...

Je savais que tu serais parti quand même. J'ai le vague sentiment que si nous avions suffisamment tenu l'un à l'autre, tu n'aurais pas fermé la porte parce que j’aurais su comment te retenir mais je t’ai laissé partir. J'abandonnerai un jour, promis,  mais je ne suis pas encore prête. Je savais que tu serais parti quand même comme je sais que tu ne reviendras pas mais je voulais m’accrocher à cet espoir que peut-être… il y avait encore une chance pour nous…

Je suis restée un moment assise sur le seuil, la poignée entre mes doigts, à regarder la rue sans vraiment la voir, en attendant de trouver le courage de bouger. Et j'ai attendu longtemps sur le pallier, à bout de force et les yeux incendiés par les larmes que je contenais comme une ombre qu'on essaie d'éclairer pour qu'elle disparaisse. Je ne peux pas dire pourquoi à un moment donné, je me suis levée et je suis rentrée. Pourquoi à ce moment-là, plutôt qu'à un autre, je me suis retrouvée assise sur notre canapé, entre nos coussins. Mais à l'intérieur, au milieu des souvenirs et du vide alentour, un sentiment de solitude oppressant m'envahit. Entre mes sanglots, des hoquets d'impuissance coupaient ma respiration, j'avais du mal à recouvrer mon souffle.

J'ai cherché mille et un moyens de te rattraper mais j'ignore jusqu'où tu te trouves. Je jette mes mots comme une bouteille à la mer avec l'espoir que tu la trouves où que tu sois. Je pense souvent à ce que tu m'as reproché. A ma façon de toujours tout compliquer. Je sais qu'il vaut mieux des remords que des regrets, mais les miens m'empêchent d'avancer.

J'ai beau me débattre avec ton absence et me dire qu'il est temps d'admettre que tu es parti bien avant de claquer cette porte... rien n'y fait. J'ai besoin de croire que c'est toi qui as renoncé et que je n'y pouvais rien. Si tu savais comme j'ai besoin de croire que ta décision était déjà prise avant que tu ne disparaisses. Si tu savais comme j'ai besoin que tu brises les rêves que tu m'as laissés malgré toi...

 

Je t'aime...toujours

 

Lily-Rose

Par Ly-Lys
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Mardi 27 mai 2008 2 27 05 2008 15:15
La fumée de ta cigarette s’est consumée entre tes doigts
Comme des cendres fondent entre les bourrasques du vent
Tu as levé des yeux tirés sur mon regard vide
L’espèrance au bord des lèvres
J’ai avalé une bouffée comme un enfant vole un sourire
Bouche scellée
Tu as joué avec ton mégot incandescent
J’aurais voulu être une étincelle sur ton cendrier
Pour disparaître au fond de tes mains
Une goutte transparente perlait sur ma joue
Comme la pluie battante un soir d’orage arrose une fenêtre
Je criais dans mes silences
Je crevais
De l’intérieur
Sans mot dire, un regard lancé au fil du hasard
Incompris, tu m’as répondu par un haussement de sourcil
Comme un gamin regarde ses parents faire l’amour
Avec l’étonnement sage de l’innocence perdue
Tu t’es levé et je suis restée assise
Incapable d’un geste, soudée à ma détresse cinglante
Tu t’es levé et tu m’as laissée là, dans mes rages secrètes
A regarder une rue que je pourrais dessiner les yeux fermés
Je ne t’ai pas retenu, un pas avant la porte
Comme un aurevoir que je t’interdisais
C’est toute entière que je protestais
Une cigarette à la main, j’ai fumé ton absence
Et quand tu étais consummé, j’ai joué avec nos restes
Un mégot et des cendres qui s’envolaient.
Par Ly-Lys - Publié dans : Poems
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Vendredi 9 mai 2008 5 09 05 2008 00:06



La vitre au travers de laquelle je te regarde se couvre de buée
J’effleure la paroi, j’ai presque peur que le bruit de mes doigts t’alerte
Je n'ose plus respirer, pour ne pas évaporer mon souffle
Tu ne sais pas qu'une lettre t'attend
Et qu'elle dit que je ne rentre chez moi, que je ne reviendrai pas
La pluie se jette contre les reflets de mes larmes
Les gouttes teintent sur la glace et se perdent à mes pieds

Je laisse mes yeux pleuvoir un peu plus fort
Je crois que je voudrais presque que tu me vois

- Est-ce que tu seras triste ?


C’est ton sourire qui me fait mal, ce rire que j’entends comme un cri
La voix que je n’ose pas faire éclore, mes lèvres sont scellées
Je voudrais te toucher, te serrer dans mes bras et m’étouffer
M’étouffer de toi, boire ton parfum et disparaître

Je voudrais emporter un dernier instant contre toi, mais tu n'es pas là
Peut-être que si tu savais, tu serais resté avec moi, ce soir
Peut-être que tu m’aurais tenue contre toi, et que tu m’aurais fait l’amour
Je te regarde et mes entrailles grondent, c’est toute entière que je hurle
Un loup à la lune pleine, mon impuissance me consume
Et si l’amour pouvait se transmettre, c’est à toi que je l'insufflerais
En vague pourpre, en baiser sucré, je te volerais une heure


- Peut-être deux…

Je sais que le temps va me manquer, je sais que j'emmènerai des regrets
Je voudrais franchir les mètres qui nous séparent et t’embrasser
Goûter ta peau, me nourrir de ton souffle coupé

Juste pour ne pas oublier, qu’avec toi, je m’évadais
Je voudrais t’emporter, dans mes souvenirs
Un peu de toi, pour que mes yeux ne sèchent pas d'acceptation
Au fil des jours qui passent et des détresses lasses
Je voudrais que nous ne disparaisse jamais

- Est-ce que tu me regretteras ?

Je sais que la nuit, tu n’y penseras pas, tu rêveras d’autres
A prendre dans tes bras, mais les "si" s’aventurent dans mes espérances
Et je n'ai pas le coeur suffisement résigné pour les chasser
Je colle mes aspirations contre la vitre, trop épaisse pour que tu me vois
Je te lance un dernier regard, des larmes au bord des yeux
Presque vibrante, presque vivante
Je vais partir et tu ne seras pas avec moi
Tu ne me retiendras pas
Je regarderai la vitre du train, et je te verrai derrière
Tout en sachant que tu n’y seras pas vraiment
Je te murmurerai « je t’aime »
Entre deux sifflets
Sur le quai d’une gare bondée
Je te dirais ce que tu n’as pas voulu entendre
Je t’offrirais ce que tu n’as pas su prendre
Et je chuchoterai « je t’aime »
Pour ne pas laisser nous s’envoler…


Ava

Par Ly-Lys - Publié dans : Poems
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Samedi 12 avril 2008 6 12 04 2008 21:39

Ça ne fait pas de bruit. Ça ne se voit pas. C’est inodore. Un cœur qui se brise, c’est imperceptible. Et pourtant, je ne connais pas de douleur plus vive et plus vicieuse.

 

 

Un lit double et Bob Marley en sourdine, ça devait arriver. Je n’ai rien vu venir. Il était mignon et il avait ce petit truc qui me fait craquer, un petit air de ne pas y toucher, un air rassurant.

Et j’avais besoin de sécurité, de réconfort, de tendresse. Il m’a vu nue et il m’a trouvé jolie, malgré tout. Je me suis sentie entourée, désirée, aimée. Presque assez pour que je pense l’être, vraiment et presque assez pour que j’y crois.

Il y avait quelqu’un dans ma solitude. Quelqu'un qui me tendait la main. Et j’ai eu le tort de vouloir la saisir. Je n’avais rien compris de ce bras qui s’avançait vers moi, un bras amical, fraternel. J’ai pensé que c’était peut-être quelqu’un pour moi. J’ai pensé que peut-être, à travers lui, j’avais enfin rencontré quelqu’un qui changerait ce regard triste qui survivait en moi.

Mais non.

Non, non et non. Je mérite bien une petite coucherie de temps à autre mais pas plus. Je n’ai pas ce qu’il faut pour être aimable. Non, je ne suis pas le genre de fille sur laquelle les hommes bavent dans la rue, je ne suis pas le genre de fille qui inspire le respect par son aisance et sa gaieté.

Je suis une anti-héroïne. Je ne suis ni féminine ni belle à pleurer, je n’ai aucun talent pour séduire mais j’ai le mérite d’être là, quand les autres n’y sont pas.

Il m’a dit : « Je suis désolé ».

Et mon cœur s’est fendu.

La première fois, il me tenait tout contre lui et il parlait. Il ne voyait pas mon visage. Je tremblais. Il m’a dit qu’il était seul, qu’aucune fille ne s’intéressait à lui.

J’ai répondu que j’étais là, moi.

C’était clair, quand même ? Je veux dire, je venais de lui dire, je t’aime, à ma façon, avec mes mots mais je venais de le dire, quand même. Je n’ai pas osé le regarder, je tremblais. Et il n’a rien dit.

Je ne méritais même pas une réponse. J’étais là, dans ses bras, dans son silence, dans mon angoisse et mon cœur serré n’a pas dormi de la nuit.

Mais je n’ai pas compris. En fait, si, j’ai même très bien compris. Je sais bien ce qu’un silence veut dire dans ces moments là. Ceci dit, et c’est là tout le paradoxe de la nature humaine, je me suis dit que les mots ne disent pas toujours ce qu’ils devraient, et que si deux personnes pouvaient ne pas se comprendre en parlant, le silence, peut-être plus encore que les mots, pouvait s’interpréter de mille et une façons.

Je sais bien que j’ai pensé à ça parce que je voulais y croire. Je n’ai pas voulu comprendre, je n’ai pas accepté. C’est vrai. Et je le reconnais. J’ai eu tort. Mais est-ce que c’était de ma faute ?

La deuxième fois, je lui ai écris un message, que trois personnes ont mis dix jours à rédiger. Après avoir usé six brouillons, je m’étais décidée à l’envoyer. Il disait pour résumer, que j’étais en train de tomber amoureuse et que je souhaitais tout aussi fort que lui, que notre petit jeu s’arrête là s’il ne devait rien ressentir pour moi…

Bien entendu, je ne désirais absolument pas que tout s’arrête là. C’était une façon de le supplier de ne pas me prendre le peu d’espoir que j’avais. Et ce petit brin d’espérance qui survivait en moi, grandissait, devenait de plus en plus fort, à mesure que son silence s’amplifiait. Il ne disait rien et s’il ne disait pas qu’il était amoureux de moi et qu’il voulait m’épouser dans l’heure, il ne disait pas non plus qu’il me baisait juste parce qu’il n’avait personne d’autre sous la bite...

C’est une façon crue d’exprimer ce que je ressentais, je l’accorde, mais je pense que ça illustre parfaitement mon état émotionnel d’alors. J’en crevais d’espoir et d’illusion.

La troisième fois, après une nuit de bêtise, je devais partir. J’ai laissé un mot sur son ordinateur, comme à l’époque de mes quinze ans où j’écrivais mon numéro sur un bout de papier, déchirée entre une honte lucide et cet espoir vil que j’avais de recevoir un coup de fil.

J’ai laissé un mot et je n’ai eu aucune nouvelle.

Pas un mot.

Et puis voilà, qu’au hasard, mes pas rencontrent les siens. La discussion de deux amants gênés se résume à deux choses : devenir aussi rouge que le jour où votre mère vous a surpris en train de recevoir votre premier cours d’éducation sexuelle et trouver que le sol n’a jamais été aussi beau à regarder qu’aujourd’hui…

Inévitablement, il a finit par dire : « A propos de ce qu’on fait… » et il a presque inexorablement conclut en disant « Je suis désolé ».

Comme si les deux allaient de pair, comme si l’un insinuait l’autre, comme si l’un était l’autre.

Et je l’ai écouté briser mon cœur. Je sais qu’il n’a rien compris. Je sais qu’il n’a pas senti ce truc à l’intérieur qui s’est brisé, il n’a pas perçu ce petit éclat de moi, qui ne battait plus tout à fait comme avant.

 

Ça ne fait pas de bruit. Ça ne se voit pas. C’est inodore. Un cœur qui se brise, c’est imperceptible. Et pourtant, je ne connais pas de douleur plus vive et plus vicieuse.


La Lys

Par Ly-Lys - Publié dans : Diary
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Jeudi 10 avril 2008 4 10 04 2008 13:47

Vents d'hiver


Un cri s’est éteint contre la neige
Le bruit d’un genou à terre, d’un corps chutant
D’éclats de givre
Le lac était gelé mais la glace a résisté au poids de mes errances
Le chagrin tombait en flocons acides
Sur mes retenues
Une avalanche.
Tu sais, mais je n’ai pas pleuré
Les larmes gelaient avant d’avoir atteint ma peau
Stalactites sanguinolentes
Dedans moi, la grêle s’intensifiait
Et pleuvait des éclats pourpres sur mes doigts
Ploc, Ploc, Ploc
Le bruit de mes pas contre les flaques rougissantes
Splash, splash, splash
D’un baiser de sang sur mes pleurs d’enfant
Le vent giflant mes sanglots pudiques
Traînées vermeilles
De la neige jusque dans mes veines
Je respirais les bourrasques qui font les doigts bleus
J’avais des larmes aux bouts des yeux, tu sais, mais je n’ai pas pleuré
Le froid embrassait mes pluies sanglantes
Brûlure glaciale
De la neige jusque dans mes veines
Et des frissons dans la bouche
Je t’ai arraché une larme
Acide
Amère

Et délicieuse...




La Lys
Par Ly-Lys - Publié dans : Poems
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Mercredi 9 avril 2008 3 09 04 2008 11:50



En silence

Je veux aimer de silence. Rester là, assise, à respirer la douce odeur des plaines d’une campagne sauvage, le parfum brut et arrogant des constructions urbaines, rester là, à écouter les chants d’oiseaux colorés, la paisible mélodie du vent qui vient chatouiller les brins d’herbes, à écouter le bruit presque assourdissant du béton martelé, mutilé, rester là, à ne rien dire.
Je voudrais aimer de silence, et définir l’amour, comme un oubli de soi, comme un oubli du monde, du capitalisme pervers, de l’impérialisme industriel et du chômage, du pouvoir d’achat et du consumérisme.
Aimer serait un peu comme ne plus éprouver ce besoin quasi-compulsif de combler les silences qu’imposent l’affection et le trouble d’être bien avec l’autre par un bavardage, une verbalisation sourde ou inconsciente de notre impuissance d’hommes.
Je voudrais pouvoir aimer de silence et de suffisance. Me suffire d’un instant d’absence au monde, d’un instant partagé entre deux êtres qui s’oublieraient, qui s'oublieraient ensemble tout simplement.
Mais peut-être que la peur de ce qui sera, du devenir, de ce temps qui joue avec nos envies, nos projets et nos souvenirs, oblige le discours. Parce que d’une certaine façon, connaître l’autre passe par la parole, et qu’apprendre de lui ses avis, ses pensées, et ses goûts, rassure ce besoin qu’on a de maîtriser les évènements et les situations pour penser qu’on vit les choses pleinement.
Seulement du fond de mes doutes, je suis sure d'une chose, c’est que ce n’est pas comme ça que je veux aimer...
Je ne veux pas de cette peur viscérale du bonheur, ou plus exactement de cette peur qu’on a de le perdre, parce que ce que je veux partager va au-delà d’une tentative désespérée de rattraper le temps… Ce que je veux partager, c’est justement une rupture. Une rupture d’avec la condition humaine et de tout ce qui s’y rapporte…
Je considère le bonheur, comme un silence, pris non pas simplement comme une absence de mot mais plutôt comme une volonté de disparaître l’un dans l’autre, l’un avec l’autre, dans le silence.
Un bonheur, l’amour, qui plus qu’un aveu, qu’un geste ou qu’un mot, ne sonne pas comme une lutte perpétuelle contre l’éventuel, le risque, la peur.
J’envisage l’amour comme un silence entre deux êtres, comme deux bras qui se rejoignent, deux lèvres qui déposent à ma joue un baiser, sans autre forme de communion qu’une absence au monde. C’est ainsi, et seulement ainsi que je veux aimer.


La Lys
Par Ly-Lys - Publié dans : Diary
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Mercredi 9 avril 2008 3 09 04 2008 09:40
J'ai Perdu Le Fil


J’ai perdu le fil
La vague a tout englouti et sous les décombres
Un sourire dégoûté, j’ai perdu le fil
L’écume qui s’agitait, immergeait la baie
Et sous les flots déchaînés
Un rire étouffé

Peut-être un enfant, peut-être un garçon
Entre les toits arrachés, un regard paumé, presque égaré
Le mien ? Le tien ?
J’ai perdu le fil

L’eau s’est abattue d’un coup, et sous son poids
La terre s’est écroulée, et là où gît la mort
L’échine de la vie s’est courbée
Et sous son poids
Ce sont des milieux d’eux qui se noient
Ballets d’yeux désespérés
Tourbillon morcelé
De chairs abîmées

J’ai perdu le fil
Et sous le chaos des corps mutilés
Un rictus de pitié

De piété ?
Peut-être un père, peut-être un frère

A bord du cimetière flottant, un air absent
Le tien ? Le mien ?
J’ai perdu le fil

L’océan de larme a fait le gros dos, et d’un coup
Le monde s’est tu, silence, le temps s’est suspendu
Et le choc est passé
L’onde a tout ravagé, tout saccagé
Et sous les frissons morbides
Un rire déplacé
Qui ricane, qui se lâche, qui s’assume
Dedans les pleurs qui grondent alentour

Peut-être un orphelin, peut-être moi
Et si j’ai perdu le fil
C’est que les flots m’ont emportée



La Lys

Par Ly-Lys - Publié dans : Poems
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Mercredi 9 avril 2008 3 09 04 2008 09:19
Le temps m’a manqué pour inspirer tes nuits de frissons incertains
Du bout de mes doigts, faire vibrer tes soirs aux creux de mes mains
Tu ne m’as pas laissé le temps de dompter ta musique
De fausses notes en silence blessé, c’est ma corde qui s’est brisée sur un sanglot
A la porte des mes songes, je t’ai laissé filer, disparaître

Le temps m’a manqué pour habiter tes fantasmes
Et c’est de mélancolie que je maquille mes blessures en sarcasmes
Je voulais peindre à ton ciel, une étoile qui ne dort jamais
T’offrir le parfum d’un Lys pour déguiser tes larmes en paillettes acidulées
Colorer tes chagrins de pluies vacillantes et marcher sur tes craintes
Je voulais écraser tes doutes et taire la moindre de tes plaintes

Le temps m’a manqué pour te susurrer ce que les mots abîmeraient
De murmures en mutisme délicieux c’est de caresses que je t’aurais soufflé mes je t’aime


Ava
Par Ly-Lys - Publié dans : Poems
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Mardi 25 mars 2008 2 25 03 2008 08:57
25431-large.jpg Résumé :

Installé à New-York, Axel Blackmar est rappelé en Arizona pour le mariage de son oncle Léo. Il y rencontre Elaine, veuve à l'équilibre mental précaire que soutient sa belle-fille Grace. Axel va se trouver pris entre les désirs contradictoires de chacun, désirs eux-mêmes conditionnés par des rêves qui finiront par se croiser dangereusement.


Fiche Technique : Film Américain, comédie dramatique.


Date de sortie : 6 Janvier 1993.
Un film d'Emir Kusturica.


Durée : 2h21.


Casting :

Johnny Depp (Axel), Jerry Lewis (Léo), Fayne Dunaway (Elaine), Lili Taylor (Grace), Vincent Gallo (Paul).

Par Ly-Lys - Publié dans : Movies
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Mardi 25 mars 2008 2 25 03 2008 08:48
Premier Jour

"Que si la nuit tombait, on pourrait bien rester là, près d'eux -heureux."

Il y a des gens dont la simple présence me rend heureuse et de ceux-là, un certain nombre qui sont parti. Je pense à eux souvent et ce soir, j'ai une pensée particulière pour l'un deux. J'ai mal quand je me souviens,  des sourires, des petits riens qui m'étaient tellement tout...
Et me souvenir me fait mal. Je le revois, là, assis devant ses toiles, peignant, je le revois dans sa cuisine, il me raconte ses bêtises d'enfant, j'ai mal quand je l'entends rire, du fond de ma tête, j'ai mal de ne pas le trouver où mes yeux ont cru le voir...
Et j'ai encore plus mal quand je vois quelqu'un, les yeux perdus dans le vague, plein d'une mélancolique qui m'est bien trop familière....


Si vous voyez quelqu'un, une main sur la vitre d'un train qui file à toute allure, pensez à moi, ce sont peut-être mes yeux qui se noient dans la mémoire des belles choses...

Toi qui riait de me voir pleurer devant Germinal, tu aurais dû me voir pleurer quand t'es parti, crois-moi, aucun film ne m'a arraché tant de larmes... Je sais que ça ne fait rire que moi, mais après tout, il n'y a que moi pour t'aimer comme ça...


Que si ma nuit tombait, je voudrais rester là, avec toi, et crois-moi -heureuse... heureuse...

A tous ces autres qui sont près de moi et qui d'un sourire qu'ils pensent anodin, me rendent heureuse, malgré toi, malgré tout, malgré moi?

 

 

 

La Lys

Par Ly-Lys - Publié dans : Diary
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