La vitre au travers de laquelle je te regarde se couvre de buée
J’effleure la paroi, j’ai presque peur que le bruit de mes doigts t’alerte
Je n'ose plus respirer, pour ne pas évaporer mon souffle
Tu ne sais pas qu'une lettre t'attend
Et qu'elle dit que je ne rentre chez moi, que je ne reviendrai pas
La pluie se jette contre les reflets de mes larmes
Les gouttes teintent sur la glace et se perdent à mes pieds
Je laisse mes yeux pleuvoir un peu plus fort
Je crois que je voudrais presque que tu me vois
- Est-ce que tu seras triste ?
C’est ton sourire qui me fait mal, ce rire que j’entends comme un cri
La voix que je n’ose pas faire éclore, mes lèvres sont scellées
Je voudrais te toucher, te serrer dans mes bras et m’étouffer
M’étouffer de toi, boire ton parfum et disparaître
Je voudrais emporter un dernier instant contre toi, mais tu n'es pas là
Peut-être que si tu savais, tu serais resté avec moi, ce soir
Peut-être que tu m’aurais tenue contre toi, et que tu m’aurais fait l’amour
Je te regarde et mes entrailles grondent, c’est toute entière que je
hurle
Un loup à la lune pleine, mon impuissance me consume
Et si l’amour pouvait se transmettre, c’est à toi que je l'insufflerais
En vague pourpre, en baiser sucré, je te volerais une heure
- Peut-être deux…
Je sais que le temps va me manquer, je sais que j'emmènerai des regrets
Je voudrais franchir les mètres qui nous séparent et t’embrasser
Goûter ta peau, me nourrir de ton souffle coupé
Juste pour ne pas oublier, qu’avec toi, je m’évadais
Je voudrais t’emporter, dans mes souvenirs
Un peu de toi, pour que mes yeux ne sèchent pas d'acceptation
Au fil des jours qui passent et des détresses lasses
Je voudrais que nous ne disparaisse jamais
- Est-ce que tu me regretteras ?
Je sais que la nuit, tu n’y penseras pas, tu rêveras d’autres
A prendre dans tes bras, mais les "si" s’aventurent dans mes espérances
Et je n'ai pas le coeur suffisement résigné pour les chasser
Je colle mes aspirations contre la vitre, trop épaisse pour que tu me vois
Je te lance un dernier regard, des larmes au bord des yeux
Presque vibrante, presque vivante
Je vais partir et tu ne seras pas avec moi
Tu ne me retiendras pas
Je regarderai la vitre du train, et je te verrai derrière
Tout en sachant que tu n’y seras pas vraiment
Je te murmurerai « je t’aime »
Entre deux sifflets
Sur le quai d’une gare bondée
Je te dirais ce que tu n’as pas voulu entendre
Je t’offrirais ce que tu n’as pas su prendre
Et je chuchoterai « je t’aime »
Pour ne pas laisser nous s’envoler…
Ava
Par Ly-Lys
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Publié dans : Poems
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