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Poems

Mardi 27 mai 2008
La fumée de ta cigarette s’est consumée entre tes doigts
Comme des cendres fondent entre les bourrasques du vent
Tu as levé des yeux tirés sur mon regard vide
L’espèrance au bord des lèvres
J’ai avalé une bouffée comme un enfant vole un sourire
Bouche scellée
Tu as joué avec ton mégot incandescent
J’aurais voulu être une étincelle sur ton cendrier
Pour disparaître au fond de tes mains
Une goutte transparente perlait sur ma joue
Comme la pluie battante un soir d’orage arrose une fenêtre
Je criais dans mes silences
Je crevais
De l’intérieur
Sans mot dire, un regard lancé au fil du hasard
Incompris, tu m’as répondu par un haussement de sourcil
Comme un gamin regarde ses parents faire l’amour
Avec l’étonnement sage de l’innocence perdue
Tu t’es levé et je suis restée assise
Incapable d’un geste, soudée à ma détresse cinglante
Tu t’es levé et tu m’as laissée là, dans mes rages secrètes
A regarder une rue que je pourrais dessiner les yeux fermés
Je ne t’ai pas retenu, un pas avant la porte
Comme un aurevoir que je t’interdisais
C’est toute entière que je protestais
Une cigarette à la main, j’ai fumé ton absence
Et quand tu étais consummé, j’ai joué avec nos restes
Un mégot et des cendres qui s’envolaient.
Par Ly-Lys
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Vendredi 9 mai 2008



La vitre au travers de laquelle je te regarde se couvre de buée
J’effleure la paroi, j’ai presque peur que le bruit de mes doigts t’alerte
Je n'ose plus respirer, pour ne pas évaporer mon souffle
Tu ne sais pas qu'une lettre t'attend
Et qu'elle dit que je ne rentre chez moi, que je ne reviendrai pas
La pluie se jette contre les reflets de mes larmes
Les gouttes teintent sur la glace et se perdent à mes pieds

Je laisse mes yeux pleuvoir un peu plus fort
Je crois que je voudrais presque que tu me vois

- Est-ce que tu seras triste ?


C’est ton sourire qui me fait mal, ce rire que j’entends comme un cri
La voix que je n’ose pas faire éclore, mes lèvres sont scellées
Je voudrais te toucher, te serrer dans mes bras et m’étouffer
M’étouffer de toi, boire ton parfum et disparaître

Je voudrais emporter un dernier instant contre toi, mais tu n'es pas là
Peut-être que si tu savais, tu serais resté avec moi, ce soir
Peut-être que tu m’aurais tenue contre toi, et que tu m’aurais fait l’amour
Je te regarde et mes entrailles grondent, c’est toute entière que je hurle
Un loup à la lune pleine, mon impuissance me consume
Et si l’amour pouvait se transmettre, c’est à toi que je l'insufflerais
En vague pourpre, en baiser sucré, je te volerais une heure


- Peut-être deux…

Je sais que le temps va me manquer, je sais que j'emmènerai des regrets
Je voudrais franchir les mètres qui nous séparent et t’embrasser
Goûter ta peau, me nourrir de ton souffle coupé

Juste pour ne pas oublier, qu’avec toi, je m’évadais
Je voudrais t’emporter, dans mes souvenirs
Un peu de toi, pour que mes yeux ne sèchent pas d'acceptation
Au fil des jours qui passent et des détresses lasses
Je voudrais que nous ne disparaisse jamais

- Est-ce que tu me regretteras ?

Je sais que la nuit, tu n’y penseras pas, tu rêveras d’autres
A prendre dans tes bras, mais les "si" s’aventurent dans mes espérances
Et je n'ai pas le coeur suffisement résigné pour les chasser
Je colle mes aspirations contre la vitre, trop épaisse pour que tu me vois
Je te lance un dernier regard, des larmes au bord des yeux
Presque vibrante, presque vivante
Je vais partir et tu ne seras pas avec moi
Tu ne me retiendras pas
Je regarderai la vitre du train, et je te verrai derrière
Tout en sachant que tu n’y seras pas vraiment
Je te murmurerai « je t’aime »
Entre deux sifflets
Sur le quai d’une gare bondée
Je te dirais ce que tu n’as pas voulu entendre
Je t’offrirais ce que tu n’as pas su prendre
Et je chuchoterai « je t’aime »
Pour ne pas laisser nous s’envoler…


Ava

Par Ly-Lys
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Jeudi 10 avril 2008

Vents d'hiver


Un cri s’est éteint contre la neige
Le bruit d’un genou à terre, d’un corps chutant
D’éclats de givre
Le lac était gelé mais la glace a résisté au poids de mes errances
Le chagrin tombait en flocons acides
Sur mes retenues
Une avalanche.
Tu sais, mais je n’ai pas pleuré
Les larmes gelaient avant d’avoir atteint ma peau
Stalactites sanguinolentes
Dedans moi, la grêle s’intensifiait
Et pleuvait des éclats pourpres sur mes doigts
Ploc, Ploc, Ploc
Le bruit de mes pas contre les flaques rougissantes
Splash, splash, splash
D’un baiser de sang sur mes pleurs d’enfant
Le vent giflant mes sanglots pudiques
Traînées vermeilles
De la neige jusque dans mes veines
Je respirais les bourrasques qui font les doigts bleus
J’avais des larmes aux bouts des yeux, tu sais, mais je n’ai pas pleuré
Le froid embrassait mes pluies sanglantes
Brûlure glaciale
De la neige jusque dans mes veines
Et des frissons dans la bouche
Je t’ai arraché une larme
Acide
Amère

Et délicieuse...




La Lys
Par Ly-Lys
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Mercredi 9 avril 2008
J'ai Perdu Le Fil


J’ai perdu le fil
La vague a tout englouti et sous les décombres
Un sourire dégoûté, j’ai perdu le fil
L’écume qui s’agitait, immergeait la baie
Et sous les flots déchaînés
Un rire étouffé

Peut-être un enfant, peut-être un garçon
Entre les toits arrachés, un regard paumé, presque égaré
Le mien ? Le tien ?
J’ai perdu le fil

L’eau s’est abattue d’un coup, et sous son poids
La terre s’est écroulée, et là où gît la mort
L’échine de la vie s’est courbée
Et sous son poids
Ce sont des milieux d’eux qui se noient
Ballets d’yeux désespérés
Tourbillon morcelé
De chairs abîmées

J’ai perdu le fil
Et sous le chaos des corps mutilés
Un rictus de pitié

De piété ?
Peut-être un père, peut-être un frère

A bord du cimetière flottant, un air absent
Le tien ? Le mien ?
J’ai perdu le fil

L’océan de larme a fait le gros dos, et d’un coup
Le monde s’est tu, silence, le temps s’est suspendu
Et le choc est passé
L’onde a tout ravagé, tout saccagé
Et sous les frissons morbides
Un rire déplacé
Qui ricane, qui se lâche, qui s’assume
Dedans les pleurs qui grondent alentour

Peut-être un orphelin, peut-être moi
Et si j’ai perdu le fil
C’est que les flots m’ont emportée



La Lys

Par Ly-Lys
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Mercredi 9 avril 2008
Le temps m’a manqué pour inspirer tes nuits de frissons incertains
Du bout de mes doigts, faire vibrer tes soirs aux creux de mes mains
Tu ne m’as pas laissé le temps de dompter ta musique
De fausses notes en silence blessé, c’est ma corde qui s’est brisée sur un sanglot
A la porte des mes songes, je t’ai laissé filer, disparaître

Le temps m’a manqué pour habiter tes fantasmes
Et c’est de mélancolie que je maquille mes blessures en sarcasmes
Je voulais peindre à ton ciel, une étoile qui ne dort jamais
T’offrir le parfum d’un Lys pour déguiser tes larmes en paillettes acidulées
Colorer tes chagrins de pluies vacillantes et marcher sur tes craintes
Je voulais écraser tes doutes et taire la moindre de tes plaintes

Le temps m’a manqué pour te susurrer ce que les mots abîmeraient
De murmures en mutisme délicieux c’est de caresses que je t’aurais soufflé mes je t’aime


Ava
Par Ly-Lys
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Samedi 2 février 2008

Regarde la mer, elle disparaît
Déborde et se dérobe à nos tristes regards
La mer a disparue

Et triste est ton égard
Et triste est mon espoir


                                                                                                                Regarde-moi, jusqu'où tes yeux se noient
                                                                                                                Regarde là, la petite lueur qui vacille
                                                                                                                Elle s'enfuit, elle s'effile dans tes jolies mots
                                                                                                                Elle s'abîme, juste ce qu'il faut
                                                                                                                Et qu'elle est belle, et qu'elle est frêle
                                                                                                                C'est ma lumière, c'est ta plus belle


Et mes nuages brumes à mes yeux
Ton ciel m'a disparue, et pleure un peu
L'enfant qui grandissait s'est tu
Et pleure mes creux amoureux
Devant mes cils des soleils noirs
Je ne te vois plus

                                                                                                                Regarde les montagnes sont bourrés
                                                                                                                Elles tournent et tombent et tournent et tombent
                                                                                                                Et les rochers sont troublés, regarde les
                                                                                                                Ils implorent, on dirait qu'ils pleurent
                                                                                                                Le sable s'envole, dis est-ce qu'on se reverra?

Regarde-moi, jusqu'où ma voix s'éteint
Regarde là, elle ne dit plus rien
Et mes lèvres sont cousues
Des fils du toi perdu
Et mon coeur hurle à se taire
Des silences éphémères
Regarde-moi, regarde là
C'est toi qui n'est plus moi.


                                                                                                                Et je t'aime, toi, et je t'aime, moi..





                                                                                             La Lys

Par Ly-Lys
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Mercredi 19 décembre 2007

Qui aime vacille



Jet d’espoir
En flaque torpille
Un jeu de quille dans nos passoires
D’un délire on s’émoustille
A pied joint dans un crachoir
Je saute de terres en îles
Le rêve en étendard
S’écrie
« Qui aime vacille »
Un nœud de ville dans nos grands soirs
Et le cœur fébrile
S’éprend de tes mille tares
A la passion de Lille
Échoue sa bille dans mes couloirs
En délire se distille
Un verre du vieil avare
A pied joint dans son brouillard
Je saute de toi en filles
La trêve en lares
M’écrie
« Qui aime vacille »
Jet d’espoir
En flaque tranquille
Un vœu oscille dans nos boudoirs
D’un fil à nos histoires
S’écrit
« Qui aime vacille ».



Ava
Par Lily.H
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Mardi 18 décembre 2007

En Éclats de toi


J’ai vu un éclat de lumière
Où ne gisait qu’un amas de terre
J’ai sali mes doigts à creuser

Les fossés ensanglantés

A fouiller, retourner
Les cendres calcinées
D’embryons de relation
De nourrissons
Mal-nés

Armée de blessures
Je vomis tes murmures,
Jeté d’ordures
Sur ton lit-pourriture
J’ai brisé mon cœur à t’aimer
J'ai le palpitant décharné

J’ai cru sécher mes larmes
Sur un voile de lames, acérées
Je déguise mes cicatrices
Sous le fané d’un lys

Je me repeins l'âme
De rêves en espoirs brisés
De sourires que tu m’as volés
Je vole en éclat, de toi



Ava

Par Lily.H
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Mardi 18 décembre 2007
Vague à l'âme

L'écume-encrier
Sur mes rochers-papiers
J'écris sur la plage
Des regrets qui font pages
Sur mon coeur
Nagent mes douleurs

Un vague à l'âme
Tangue à mes flammes
Comme un navire en dérive
Se brise en désir sur mes rives
J'ai rêvé d'océans
Sous le sable des puissants
A la place des galets
J'ai rêvé de flots à naviguer
Sans torrent prêt à noyer
Dans le tumulte des marées
Mon coeur, à la mer

Et mon vague à l'âme
Je me suis noyée.

Ava
Par Lily.H
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Mardi 18 décembre 2007
Un souffle

Un souffle, une espérance,
Presque un air de démence...


Je sais que c'est toi,


Un songe, une errance,
Comme un aveu d'absence..
.

Que je veux...pour moi...

Le noir en horizon,
Je fuis la vie par le fond...


Un pas... à la fois...

L'espoir en poison,
Je fuis l'avis sans raison...


Pour retrouver tes bras,


Un souffle, une espérance,
Presque un vent de clémence....


Je sais que sans toi,


Un songe, une essence,
Comme un aveu de jouissance...


Je ne suis pas.... moi...

Ava
Par Lily H
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