La fumée de ta cigarette s’est consumée entre tes doigts
Comme des cendres fondent entre les bourrasques du vent
Tu as levé des yeux tirés sur mon regard vide
L’espèrance au bord des lèvres
J’ai avalé une bouffée comme un enfant vole un sourire
Bouche scellée
Tu as joué avec ton mégot incandescent
J’aurais voulu être une étincelle sur ton cendrier
Pour disparaître au fond de tes mains
Une goutte transparente perlait sur ma joue
Comme la pluie battante un soir d’orage arrose une fenêtre
Je criais dans mes silences
Je crevais
De l’intérieur
Sans mot dire, un regard lancé au fil du hasard
Incompris, tu m’as répondu par un haussement de sourcil
Comme un gamin regarde ses parents faire l’amour
Avec l’étonnement sage de l’innocence perdue
Tu t’es levé et je suis restée assise
Incapable d’un geste, soudée à ma détresse cinglante
Tu t’es levé et tu m’as laissée là, dans mes rages secrètes
A regarder une rue que je pourrais dessiner les yeux fermés
Je ne t’ai pas retenu, un pas avant la porte
Comme un aurevoir que je t’interdisais
C’est toute entière que je protestais
Une cigarette à la main, j’ai fumé ton absence
Et quand tu étais consummé, j’ai joué avec nos restes
Un mégot et des cendres qui s’envolaient.
Par Ly-Lys
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La vitre au travers de laquelle je te regarde se couvre de buée
J’effleure la paroi, j’ai presque peur que le bruit de mes doigts t’alerte
Je n'ose plus respirer, pour ne pas évaporer mon souffle
Tu ne sais pas qu'une lettre t'attend
Et qu'elle dit que je ne rentre chez moi, que je ne reviendrai pas
La pluie se jette contre les reflets de mes larmes
Les gouttes teintent sur la glace et se perdent à mes pieds
Je laisse mes yeux pleuvoir un peu plus fort
Je crois que je voudrais presque que tu me vois
- Est-ce que tu seras triste ?
C’est ton sourire qui me fait mal, ce rire que j’entends comme un cri
La voix que je n’ose pas faire éclore, mes lèvres sont scellées
Je voudrais te toucher, te serrer dans mes bras et m’étouffer
M’étouffer de toi, boire ton parfum et disparaître
Je voudrais emporter un dernier instant contre toi, mais tu n'es pas là
Peut-être que si tu savais, tu serais resté avec moi, ce soir
Peut-être que tu m’aurais tenue contre toi, et que tu m’aurais fait l’amour
Je te regarde et mes entrailles grondent, c’est toute entière que je
hurle
Un loup à la lune pleine, mon impuissance me consume
Et si l’amour pouvait se transmettre, c’est à toi que je l'insufflerais
En vague pourpre, en baiser sucré, je te volerais une heure
- Peut-être deux…
Je sais que le temps va me manquer, je sais que j'emmènerai des regrets
Je voudrais franchir les mètres qui nous séparent et t’embrasser
Goûter ta peau, me nourrir de ton souffle coupé
Juste pour ne pas oublier, qu’avec toi, je m’évadais
Je voudrais t’emporter, dans mes souvenirs
Un peu de toi, pour que mes yeux ne sèchent pas d'acceptation
Au fil des jours qui passent et des détresses lasses
Je voudrais que nous ne disparaisse jamais
- Est-ce que tu me regretteras ?
Je sais que la nuit, tu n’y penseras pas, tu rêveras d’autres
A prendre dans tes bras, mais les "si" s’aventurent dans mes espérances
Et je n'ai pas le coeur suffisement résigné pour les chasser
Je colle mes aspirations contre la vitre, trop épaisse pour que tu me vois
Je te lance un dernier regard, des larmes au bord des yeux
Presque vibrante, presque vivante
Je vais partir et tu ne seras pas avec moi
Tu ne me retiendras pas
Je regarderai la vitre du train, et je te verrai derrière
Tout en sachant que tu n’y seras pas vraiment
Je te murmurerai « je t’aime »
Entre deux sifflets
Sur le quai d’une gare bondée
Je te dirais ce que tu n’as pas voulu entendre
Je t’offrirais ce que tu n’as pas su prendre
Et je chuchoterai « je t’aime »
Pour ne pas laisser nous s’envoler…
Ava
Par Ly-Lys
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Vents
d'hiver
Un cri s’est éteint contre la
neige
Le bruit d’un genou à terre, d’un corps chutant
D’éclats de
givre
Le lac était
gelé mais la glace a résisté au poids de mes errances
Le chagrin tombait en flocons acides
Sur mes retenues
Une avalanche.
Tu sais, mais je n’ai pas pleuré
Les larmes gelaient avant d’avoir atteint ma peau
Stalactites
sanguinolentes
Dedans
moi, la grêle s’intensifiait
Et
pleuvait des éclats pourpres sur mes doigts
Ploc, Ploc, Ploc
Le bruit de mes pas contre les
flaques rougissantes
Splash, splash, splash
D’un baiser de sang sur mes pleurs
d’enfant
Le vent giflant mes
sanglots pudiques
Traînées vermeilles
De la neige jusque dans mes veines
Je respirais les bourrasques qui font les doigts bleus
J’avais des larmes aux bouts des yeux, tu sais, mais je
n’ai pas pleuré
Le froid
embrassait mes pluies sanglantes
Brûlure glaciale
De la neige jusque dans mes veines
Et des frissons dans la bouche
Je t’ai arraché une larme
Acide
Amère
Et délicieuse...
La Lys
Par Ly-Lys
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Le temps m’a manqué pour inspirer tes nuits de frissons incertains
Du bout de mes doigts, faire vibrer tes soirs aux creux de mes mains
Tu ne m’as pas laissé le temps de dompter ta musique
De fausses notes en silence blessé, c’est ma corde qui s’est brisée sur un sanglot
A la porte des mes songes, je t’ai laissé filer, disparaître
Le temps m’a manqué pour habiter tes fantasmes
Et c’est de mélancolie que je maquille mes blessures en sarcasmes
Je voulais peindre à ton ciel, une étoile qui ne dort jamais
T’offrir le parfum d’un Lys pour déguiser tes larmes en paillettes acidulées
Colorer tes chagrins de pluies vacillantes et marcher sur tes craintes
Je voulais écraser tes doutes et taire la moindre de tes plaintes
Le temps m’a manqué pour te susurrer ce que les mots abîmeraient
De murmures en mutisme délicieux c’est de caresses que je t’aurais soufflé mes je t’aime
Ava
Par Ly-Lys
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Regarde la mer, elle disparaît
Déborde et se dérobe à nos tristes regards
La mer a disparue
Et triste est ton égard
Et triste est mon espoir
Regarde-moi, jusqu'où tes yeux se noient
Regarde là, la petite lueur qui vacille
Elle s'enfuit, elle s'effile dans tes jolies mots
Elle s'abîme, juste ce qu'il faut
Et qu'elle est belle, et qu'elle est frêle
C'est ma lumière, c'est ta plus belle
Et mes nuages brumes à mes yeux
Ton ciel m'a disparue, et pleure un peu
L'enfant qui grandissait s'est tu
Et pleure mes creux amoureux
Devant mes cils des soleils noirs
Je ne te vois plus
Regarde les montagnes sont bourrés
Elles tournent et tombent et tournent et tombent
Et les rochers sont troublés, regarde les
Ils implorent, on dirait qu'ils pleurent
Le sable s'envole, dis est-ce qu'on se reverra?
Regarde-moi, jusqu'où ma voix s'éteint
Regarde là, elle ne dit plus rien
Et mes lèvres sont cousues
Des fils du toi perdu
Et mon coeur hurle à se taire
Des silences éphémères
Regarde-moi, regarde là
C'est toi qui n'est plus moi.
Et je t'aime, toi, et je t'aime, moi..
La Lys
Par Ly-Lys
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Mercredi 19 décembre 2007
Qui aime vacille
Jet d’espoir
En flaque torpille
Un jeu de quille dans nos passoires
D’un délire on s’émoustille
A pied joint dans un crachoir
Je saute de terres en îles
Le rêve en étendard
S’écrie « Qui aime vacille »
Un nœud de ville dans nos grands soirs
Et le cœur fébrile
S’éprend de tes mille tares
A la passion de Lille
Échoue sa bille dans mes couloirs
En délire se distille
Un verre du vieil avare
A pied joint dans son brouillard
Je saute de toi en filles
La trêve en lares
M’écrie « Qui aime vacille »
Jet d’espoir
En flaque tranquille
Un vœu oscille dans nos boudoirs
D’un fil à nos histoires
S’écrit « Qui aime vacille ».
Ava
Par Lily.H
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En Éclats de toi
J’ai vu un éclat de lumière
Où ne gisait qu’un amas de terre
J’ai sali mes doigts à creuser
Les fossés ensanglantés
A fouiller, retourner
Les cendres calcinées
D’embryons de relation
De nourrissons
Mal-nés
Armée de blessures
Je vomis tes murmures,
Jeté d’ordures
Sur ton lit-pourriture
J’ai brisé mon cœur à t’aimer
J'ai le palpitant décharné
J’ai cru sécher mes larmes
Sur un voile de lames, acérées
Je déguise mes cicatrices
Sous le fané d’un lys
Je me repeins l'âme
De rêves en espoirs brisés
De sourires que tu m’as volés
Je vole en éclat, de toi
Ava
Par Lily.H
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