Averse aux sang-fleurs
Il pleut des roses sur les trottoirs,
Les épines gouttent le sang sur mon parapluie,
J’évite les flaques rougissantes,
Aux pieds des femmes qui s’enfuient,
La terreur en averse grinçante,
Ruisselle dans leurs cris,
Il pleut des roses sur les trottoirs,
Les pétales rougis pleurent sur mon parapluie,
J’évite la grêle harassante,
Aux pieds des femmes qui hurlent en furie,
La souffrance en cascade sifflante,
Dégouline dans leurs cris,
Il pleut des roses sur les trottoirs,
Les pigments décolorent mon parapluie,
Je marche à l’envers des fuyantes,
Aux pieds des corps abrités qui s’enfuient,
La détresse en ondée grisante,
S’écoule dans leurs cris,
Il pleut des roses sur les trottoirs,
Les pétales fanés inondent mon parapluie,
Je marche en décalé des fuyantes,
Aux pieds des corps protégés qui me fuient,
La confusion en course démente,
Coule dans leurs cris,
Il pleut des roses sur les trottoirs,
Les épines taillées s’égouttent de grains de pluie,
Et dans ce ballet d’ombrelles terrifiées,
S’éclabousse mon parapluie,
Rouge, indifférente,
Aux pieds des pépins noirs de suie,
La fuite en tempête hilarante,
Se noie dans leurs cris,
Il pleut des roses sur les trottoirs,
De mon pied trempé,
Je foule-désespoir.
Ava